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LE DIABETE ET RAMADAN  :

Le jeûne du mois de Ramadan est obligatoire pour tout musulman en bonne santé physique et mentale à partir de l’âge de la puberté. Aussi, les modifications observées au cours de ce mois ont des répercussions sur certaines maladies. L’objectif de ce travail est d’étudier l’équilibre du diabète, les modifications diététiques ainsi que la prise en charge thérapeutique de 187 patients diabétiques observent le jeûne au cours du mois de Ramadan. Ces malades ont été suivis au cours de 3 périodes : une période avant le Ramadan et deux périodes pendant le Ramadan (Mi – Ramadan ; Fin – Ramadan). Un questionnaire a été rempli par le médecin traitant, il concernait l’évolution de la maladie, la prise médicamenteuse ainsi que les nouvelles habitudes alimentaires.

Ces diabétiques avaient une moyenne d’âge de 51 ± 14 ans, 72 % étaient des DNID et 28% DID. 65% des patients consultent leur médecin à la veille de chaque Ramadan, 47% des médecins déconseillent le jeûne, pourtant 15% des malades décident de jeûner malgré l’interdiction de leur médecin. Au début du Ramadan tous les diabétiques avaient commencé à jeûner, à Mi – Ramadan 37% (70 patients) avaient arrêté de jeûner et à fin – Ramadan 44% (83 patients ) ne jeûnaient plus. La glycémie moyenne a diminué à la fin du Ramadan (p < 0.003). La tension artérielle systolique n’a pas été modifiée alors que la diastolique a augmenté après 15 jours de jeûne (7.5 ± 0.1 vs 9.6 ± 0.9 p < 0.02). Le poids moyen a diminué à la fin du Ramadan mais de façon statistiquement non significative. Plus de 80% des personnes interrogées prenaient régulièrement leur traitement. L’insuline était en majorité prise 1 fois/jour et les antidiabétiques oraux 2 fois/jour (Ftor et Shor). La majorité des diabétiques qui jeûnaient prenaient 3 repas le soir (Ftor, Dîner, Shor) et changeaient leurs habitudes alimentaires. Ces derniers prenaient soit plus de sucreries, soit plus de gras, soit les deux à la fois. Les signes cliniques du déséquilibre du diabète (hypoglycémie, hyperglycémie) apparus pendant le Ramadan n’ont pas montré de différence statistiquement significative entre les personnes qui jeûnaient et celles qui ne jeûnaient pas.

Il s’agit d’une étude prospective dont l’objectif est de suivre l’évolution du profil de certains paramètres biochimiques pendant le mois de Ramadan. Cette étude réalisée durant l’année 1998- 1999, a intéressé 87 sujets (59 patients diabétiques de type 2 d’âge moyen 44 ans avec des extrêmes de 30 à 75 ans et une durée moyenne du diabète de 4 ans. 28 sujets témoins, non diabétiques d’âge moyen 40 ans avec des extrêmes de 30 à 54 ans).

Les prélèvements sanguins sont effectués 12 heures après le dernier repas pendant 4 périodes :

La veille du Ramadan (J0). La mi Ramadan (J15) et la fin Ramadan (J29), ainsi qu’au 15 ème jours post Ramadan (J15PR).

Dans cette étude 66.6% des patients diabétiques sont hypertendus et leur pression sanguine n’est pas modifiée par le jeûne.

Nous avons dosé la glycémie, la triglycéridémie, la choléstérolémie, la créatininémie, la protidémie, l’azotémie, l’uricémie, l’insulinémie, les transaminases, les taux des chlorures du sodium et du potassium. L’analyse statistique des paramètres biologiques dosés en fonction du BMI ( Body Mass Index) des sujets sains comparés aux patients diabétiques a montré que pour :

* 20< BMI<25 Kg/m 2 une différence significative (P<5%) pour :

L’urée aux temps J0, J15 et J29.

Cholestérol total au temps J0.

Sodium à J0 et J29.

Potassium à J29.

* 25<BMI<30 Kg/m 2 une différence significative (P<5%) pour :

Les chlorures à J15, J29 et J15PR.

Les triglycérides à J15, J29 et J15 PR.

L’analyse statistique de l’insuline et des transaminases est en cours apporteront des compléments d’informations utiles à la compréhension des adaptations physiologiques et métaboliques observés autant chez les sujets diabétiques que chez les non diabétiques pendant le Ramadan.

 
 
   
 
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